Un peu d'Histoire - Station SNSM Saint-Malo


CTT Pourquoi Pas !


1 - Sa mission :

La S.N.S.M. (Société Nationale de Sauvetage en Mer) est une Association à but non lucratif reconnue d’utilité publique. Elle est née de la fusion en 1967 de la S.C.S.N. (Société Centrale de Sauvetage des Naufragés créée en 1865) et des H.S.B. (Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons créée en 1873).

Les C.R.O.S.S. (Centres Régionaux des Opérations de Surveillance et de Secours) sont chargés de la coordination des moyens et des opérations de sauvetage.

Les membres des 255 stations sont tous des bénévoles (marins de commerce de pêche ou de la Royale, plongeurs, médecins, plaisanciers avertis …), tous amoureux de la mer. Ils sont généralement très disponibles et joints rapidement par bips ou par téléphones. Ils doivent être prêts à appareiller dans les plus brefs délais (en moins de 15 minutes), de jour comme de nuit et par tous les temps.

Si la sauvegarde de la vie humaine est gratuite, les secours aux biens sont en revanche facturés selon un barème d’intervention établi au niveau national, ce qui permet aux stations de subvenir à leur frais de fonctionnement.

La station de sauvetage S.N.S.M. de Saint-Malo a été créée en novembre 1967. Appelée communément « Station Côtière et de Grand Sauvetage de Saint-Malo », elle réunissait les stations locales de Saint-Servan (S.C.S.N.) et de Saint-Malo (H.S.B.).

Forte d’un équipage d’une cinquantaine de sauveteurs, la station arme en permanence un Canot Tout Temps le « POURQUOI-PAS? 2  » (SNS 072) et une Vedette de 2nde classe la « MARTINE CHARCOT »   (SNS 218).

2 - Son histoire :

L’histoire de la station de Saint-Malo se décompose en deux périodes importantes :

- Avant 1967, lorsqu’il existait deux entités de sauvetage (la S.C.S.N. et les H.S.B.) qui cohabitaient avec plus où moins de bonheur et se partageaient les activités de secours en fonction de zones géographiques. A cette époque, leurs principales opérations concernaient les pêcheurs locaux et les voiliers de commerce et de pêche.

- Après la fusion de ces 2 sociétés pour créer la S.N.S.M. : Cette période correspond à la montée en puissance et la démocratisation de la plaisance maritime.

2.1 - La S.C.S.N. :

La station locale de Saint-Malo fut l’une des 4 premières stations mises en place par la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés. En effet,c’est à la suite d’une première réunion à la Chambre de Commerce le 28 mai 1865, destinée à recueillir des adhésions et des souscriptions pour organiser les secours en mer, qu’elle sera créée (25 juin 1865). Elle était équipée d’un canot en bois (de type anglais), à redressement automatique et trainé à terre par un char à 4 roues. Testé le 18 juin 1865 sur la « Grande grêve des Bains », ce bateau sera basé dans un abri situé à la Cale de Dinan (18/02/1867). Ce canot sera doublé, de 1867 à 1879, par une baleinière offerte par la « Société Humaine de Saint-Malo et de Saint-Servan », association qui s’était constituée en 1866 pour acquérir et entretenir du matériel de sauvetage et qui fusionnera avec la S.C.S.N. en 1884. Bien que cette unité fut plus pratique, car plus légère et plus rapide à mettre à l’eau en cas d’urgence, elle se perdit corps et biens le 04 décembre avec 7 hommes d’équipage, lors d’une opération de sauvetage d’un chaland en dérive.

Durant ces premières années, les bateaux de la Société Centrale, des Douaniers, des bateaux-pilotes et du Bac de Dinard se partagèrent les quelques rares, mais néanmoins périlleuses, opérations de secours (17 personnes sauvées en 1866) dans la baie de Saint-Malo (ex : chaloupe « Jean-Marie Thérèse » ou « l’Edouard » en 1866). Le premier patron du bateau de sauvetage de la SCSN de Saint-Malo s’appelait GUINEUX.

Le 31 août 1880, en remplacement du premier canot (qui sera par la suite affecté à la station de        Saint-Nicolas des Glénans), la station de Saint-Malo s’équipe du Canot en bois (Système LAHURE)  à rames (à 12 avirons) et à voiles construit aux chantiers Augustin Normand sous le nom de SCSN n°34  « JURIEN DE LA GRAVIERE » (avec comme patron HYREL). Il sera remplacé en 1907 par un canot en bois à 10 avirons, le « EMILE ROZE ». Ce canot servira jusqu’au 18 août 1912 (date à laquelle il sera remorqué et affecté à Granville).

En juin 1912, la station de Saint-Servan est créée et celle de Saint-Malo sera supprimée. Il fut alors décidé d’acquérir l’un des tout premiers canots à moteur à pétrole, le « EMILE PERRIN  (N°115) » (navire en bois de 11,40 m de long équipé d’un moteur Panhard de 35 cv permettant une vitesse de 7 nds). Baptisé en grandes pompes le 02 septembre 1912, il sera patronné par Monsieur DIEULANGARD et Monsieur TRANCHEMER (déjà matelot en 1885). Dans l’ancienne cale de halage des torpilleurs de Saint-Servan (Anse de Solidor), seront ensuite construits un abri et un rail de lancement pour cette unité (inauguration des locaux le 28 janvier 1913).

A la fin de la Grande Guerre, le comité local de sauvetage et l’équipage seront désorganisés par le décès et l’incapacité physique d’un certain nombre de membres. De plus, la station de Saint-Servan connaîtra quelques déboires techniques (pourrissement de certaines parties de la coque du canot en 1934, réfections régulières de la cale de lancement...). Malgré cela, en plus de 25 années  (1912 à 1937), ce canot effectuera 33 sorties et sauvera 39 vies humaines.

En août 1938, un nouveau canot à moteur de 11,50 mètres (chantier JOUËT), le SCSN n° S 9 « POURQUOI-PAS ? 1» (nom donné en souvenir du Commandant Charcot et de son équipage) est mis en activité. Il est alors doté de 2 moteurs de 28 cv. A cette époque, l’équipage n’était constitué que de 8 hommes. Dès le début de la Seconde Guerre Mondiale, l’effectif s’est considérablement réduit en raison de la mobilisation de la moitié des marins. Au cours de l’occupation allemande, le canot et l’abri, qui seront réquisitionnés dès 1942, subiront des dégats importants tels que le couverture à remplacer, la charpente et la maçonnerie très endommagées.

A la libération, il a fallu remettre la station en état et reconstituer un nouvel équipage (en particulier le patron et le sous-patron). Le choix du Comité local  s’est alors porté respectivement sur Jean LUCAS (pilote de St-Malo) et Jean CAOUS (patron-pecheur) en raison de leurs qualités professionnelles et maritimes ainsi que de leur disponibilité et leur proximité immédiate de la station (Arsenal). Le reste de l’équipage était formé de marins et techniciens habitant Solidor (les mécaniciens DEJEAN et LEVERGE, les marins MORVAN et CAOUS, etc…).

Ce navire participera entre autres aux opérations de recherche et de sauvetage (en septembre 1951) sur la Frégate LAPLACE victime d’une mine au mouillage dans l’anse de la Fresnaye (Saint-Cast).

Le 28 novembre 1956, le canot sera déclassé et finira sa carrière à Etel sous le nom de «VICE-AMIRAL SCHWERER ». Il coulera à la barre d’Etel en octobre 1958 lors de l’expérimentation d’Alain BOMBARD. Ce navire procédera, entre 1948 et 1956, à 45 sorties en ayant secouru 7 navires et en sauvant 28 personnes d’un danger réel.

De décembre 1956 au 18 avril 1958, la station de Saint-Servan sera mise en sommeil faute de canot et d’équipements à terre adaptés.

Entre 1955 et 1958, un abri plus fonctionnel sera construit pour le nouveau canot de sauvetage dans l’anse Saint-Père près du marégraphe de la Cité d’Aleth. Il est toujours utilisé par la station de Saint-Malo comme atelier.

Le 18 avril 1958, la station s’équipe d’un nouveau Canot tout temps de 13,60 mètres de long et doté de 2 moteurs de 40 cv . Il sera baptisé le 08 juillet 1958 du même nom que le précédent « POURQUOI-PAS ? 2 » (n° AND 176) et ne sera désarmé qu’en 1992.

2.2 - Les H.S.B. :

Les plus anciennes archives de la station locale des H.S.B. (Hospitaliers Sauveteurs Bretons) remontent en 1879 date à laquelle une baleinière, dénommée « Baronne BURDETT-COUTS » et armée sous le commandement du patron POTIER, se porta durant 3 jours de suite dans la tempête, à la recherche d’une embarcation disparue de la Société Centrale. En 1883, la sous-section de Saint-Malo (présidée par Monsieur MALLET) regroupait 9 stations dont 2 à Paramé, 1 à Saint-Malo et 1 à Saint-Servan (les autres étant basées à St Suliac, St Briac, Dinard, St Lunaire et Cancale). Il s’agissait principalement de postes de secours (mis à la disposition du public) à partir desquels les opérations le long des côtes étaient effectuées par des bénévoles se trouvant sur place (de nombreux douaniers ou d’agents de l’administration maritime).

En 1905, la station s’équipe d’un canot en fer à avirons (basé dans un hangar Quai de Dinan), le « PIERRE-LABBE » canot de type HENRY (offert par Ansbert LABBE, armateur en mémoire de son fils Pierre disparu en mer). Ce navire participa entre autres aux opérations de sauvetage sur le HILDA en 1905 (avec le patron MACE).

Le 6 avril 1931, la station HSB de Saint-Malo arme un canot tout temps, le « CAPITAINE DE VAISSEAU RECULOUX » (équipé d’un moteur Panhard d’aviation). La section malouine prend  alors de l’ampleur en devenant une station de Grand Sauvetage.

Après le destruction de tout son matériel, batiments et navire (le canot « C.V. RECULOUX » ayant été bombardé dans les bassins et considéré comme irrécupérable), la station a aussi du se reconstruire, sous l’impulsion des présidents LEPEER et VOGEL.

A la libération et à la suite d’un accord conclu entre les deux grandes sociétés dans le cadre d’une commission permanente de sauvetage, il a été décidé que les stations de haute mer de Saint-Malo et de Granville seraient respectivement armées par la S.C.S.N. et les H.S.B. De ce fait, le nouveau grand canot de 10 m de long le « Léon Berthaut », initialement prévu à Saint-Malo au début des années 50, sera affecté à Granville. La station malouine se tourne, alors vers le sauvetage de plage et à la formation des secouristes. Le 14 juillet 1951, il est inauguré un canot de plage de 4.50 m nommé «  LEON BERTHAUT » afin d’assurer la sécurité des plages.

Dans les années 50, d’autres petites unités seront utilisées telles que le « CARANTEC » (Wary  à moteur de 1950 au Chantier Lannier ), le « CAMEROUN » (Wary  à moteur de 1950 au Chantier Lannier ) ou le « FRANCOIS LOUIS GLOANNEC » d’une longueur de 7.50 mètres. Puis, au début des années 60, deux vedettes, « BON SECOURS » et « NOTRE DAME DE LA GRANDE PORTE » (longueur : 5,50m), seront utilisées pour la surveillance des côtes entre le môle des Noires et la Hoguette.

En 1963, la station H.S.B. de Saint-Malo se réorganise avec l’arrivée d’une nouvelle vedette de        8.70 mètres de long HSB 6 « HENRI DUNAND » et d’un Groupe Mobile d’Intervention pour la zone côtière (de la Rance à Cancale), ainsi que plusieurs zodiacs pour la surveillance des plages entre les môle des noires et Rochebonne. Son siège se trouve alors à Rocabey. Le 17 juillet 1965, les nouveaux locaux techniques H.S.B. seront inaugurés avenue Louis Martin et une nouvelle vedette (8.60 m) HSB n°46 « HENRI DURAND DE BLOIS » sera baptisée. Cette nouvelle unité sera complétée la même année par une seconde vedette HSB 52 « RANCE 1 » destinée à la sécurité de la partie maritime de la Rance (côté Est) et armée principalement par des CRS-MNS. Un Centre Régional d’Entretien sera aussi créé et la station utilisa longtemps un poste permanent au pied de la Tour Solidor.

2.3 - La S.N.S.M. :

Lors de la fusion des HSB et de la SCSN, les sections locales ont regroupé leurs moyens humains et matériels dans le cadre de la « Station Côtière et de Grand Sauvetage » (10 décembre 1967). Ainsi, la nouvelle station de Saint-Malo était équipée d’un canot tout temps le « POURQUOI-PAS ? 2 » (SNS n°176), d’une vedette côtière, la « HENRI DURAND DE BLOIS » (SNS n°046, anciennement HSB n°46) et de plusieurs zodiacs permettant d’intervenir respectivement au large, près des côtes et sur les plages. Le Groupement Mobile d’Intervention servira pour les opérations rapides et principalement pour les récupérations des personnes bloquées sur le Grand Bé.

Le 26 juillet 1969, des nouveaux locaux sont inaugurés sur l’Avenue Louis-Martin (ex Entrepôts DOURIN) comprenant un bureau administratif et un hangar technique. Les vedettes HSB n°52 « RANCE 1 » et SNS n°078 « RANCE 2 » seront successivement affectées aux opérations de secours sur la Rance .

La vedette SNS n°046 sera remplacée en 1970 par la      SNS n°080 qui prendra le 19 avril 1980 le nom de  « MARTINE CHARCOT », Cette vedette (qui se fracassera sur la jetée du port de Saint-Quay le 13 septembre 1986 lors de son transfert vers sa nouvelle affectation) sera elle-même remplacée par l’actuelle vedette Antares 860 (Bénéteau) SNS n°218 « MARTINE CHARCOT 2 ».

Durant les 10 premières années, la nouvelle station S.N.S.M.  eut 5 présidents et plusieurs patrons. Puis sous l’impulsion du Président Albert BOISNARD, la structure fonctionnera avec plus de sérénité et plus de stabilité.

Le 28 janvier 1989, la station de Saint-Malo s’installe sur le Port de plaisance des Sablons dans un mobil-home avec accès direct sur les pontons pour les vedettes (tout en conservant l’ancien abri du canot comme local technique).

En 1992, le « POURQUOI-PAS ? », après 34 années de bons et loyaux services, est désarmé (dernière sortie de son abri le 20 avril 1992) et est remplacé par l’actuel canot tout temps le SNS 072 « POURQUOI-PAS ? 2 ». D’une longueur de 17,60 mètres, il a été construit aux chantiers BERNARD et possède toute la technologie moderne (Table traçante, 2 radars, sondeur, Polaris, GPS, matériels médical, d’incendie et d’assèchement, …).

Enfin, en décembre 2000, le mobil-home est remplacé par un bâtiment comprenant un bureau et un local de rangement, mis à sa disposition par la Ville de Saint-Malo.

Depuis la fusion en 1967, plusieurs autres unités nautiques ont été ponctuellement utilisées par la station telles que la SNS n°303 (en 1988), la SNS n°221 (en 1989) la SNS n°071 (en 1990) pour pallier l’absence des vedettes permanentes (entretien).

En juillet 2002, sous l’égide du Président LE ROUILLE et après la démission de tout l’équipage, une nouvelle équipe, forte d’une cinquantaine de membres d’expérience, s’est reconstituée.

Historique réalisé par Mr Yorik Lucas.


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